Le bâillement, du réflexe à la pathologie
Le bâillement : de l'éthologie à la médecine clinique
Le bâillement : phylogenèse, éthologie, nosogénie
 Le bâillement : un comportement universel
La parakinésie brachiale oscitante
Yawning: its cycle, its role
Warum gähnen wir ?
 
Fetal yawning assessed by 3D and 4D sonography
Le bâillement foetal
Le bâillement, du réflexe à la pathologie
Le bâillement : de l'éthologie à la médecine clinique
Le bâillement : phylogenèse, éthologie, nosogénie
 Le bâillement : un comportement universel
La parakinésie brachiale oscitante
Yawning: its cycle, its role
Warum gähnen wir ?
 
Fetal yawning assessed by 3D and 4D sonography
Le bâillement foetal
http://www.baillement.com 
 
eternuement
 
The superstitions concerning yawning
 
There are two basic ideas about the dangers related to the yawn. In yawning, either the soul escapes and flees the body through the gaping mouth or the devil enters the body through the same aperture. Both dangers are grave and should be averted !
 
 
On entre, on crie, et c'est la vie!
On bâille, on sort, et c'est la mort!
Ausone de Chancel
1808-1876
 
 
 
 
 
 

mise à jour
31 janvier 2013
 
 
L'éternuement et le bâillement dans la magie, l'ethnographie et le folklore médical
Pierre Saintyves
Librairie Emile Nourry
Paris 1921
 
Le bâillement : étude comparative des connaissances et croyances, populaires et médicales
 
Yawning Mannerism of speech and gestures in evryday life
Feldman S 1959
 
La civilité puérile Erasme D vers 1500
 
Yawning : popular knowledge and beliefs
 
Des dieux qui bâillent et qui font bâiller dans la mythologie épique de l'Inde Couture A
 
Sur quelques opinions singulières des musulmans: le bâillement
Defrémery Ch 1871
 
Risala ou Traité abrégé de droit malékite et morale musulmane Kayrawani 1914
 
Les présages de bonheur et de malheur, ce qu'il faut faire, ce qu'il faut éviter, ou L'art d'être heureux: le livre de la destinée Vierzon P. 1893
 
The effects of status on yawning behavior Caswell TA, 1991

FindMe

p 22 [...] Que l'éternuement ait été baptisé du nom de génie ou qu'il ait été produit par quelque daïmon inspirateur et quelle qu'ait été l'opinion de Socrate, il n'en est pas moins certain que les Grecs le considéraient comme une manifestation divine. Aristote nous en est garant; nous savons d'ailleurs par Xénophon et par Athénée qu'on le traitait avec un respect religieux.
 
L'explication de l'éternuement par l'action d'un esprit se retrouvait hier encore en Angleterre et en Ecosse parmi les nourrices. Tant que l'enfant n'avait pas éternué on considérait qu'il était habité par les fées et comme ensorcelé. Les Irlandais, désireux de débarrasser l'enfant de ces hôtes importuns, procèdent de la façon suivante:
 
On fait un bon feu dans lequel on jette quantité de certaines herbes prescrites par les femmes-fées et lorsqu'il s'en échappe une épaisse fumée on porte trois fois l'enfant autour du feu en récitant une incantation et en répandant abondance d'eau bénite. Durant ce temps toutes les portes doivent être closes, de peur que, pressée par la curiosité, une fée ne pénètre et aperçoive la cérémonie. On doit continuer ces rites magiques jusqu'à ce que l'enfant éternue trois fois, car le charme est ainsi détruit et l'enfant est désormais à l'abri du pouvoir des sorciers.
 
Il est fort probable que des idées analogues ont longtemps régné dans toute l'Europe. Le bâillement donnait jadis lieu à des signes de croix. « C'est encore une coutume répandue au Tyrol de se signer quand on bâille, de peur que quelque chose de mauvais n'entre alors dans la bouche. Anciennement on n'hésitait sans doute pas à nommer le démon. L'éternuement par contre devait présager sa sortie.
 
Les Tchèques prétendent avoir un moyen infaillible de reconnaître la présence du diable, car ils croient qu'il provoque un violent éternuement lorsqu'on lui présente une croix.
 
En Hollande semble avoir régné une opinion contraire: On croit qu'une personne qui éternue se livre par là même au pouvoir d'un sorcier, à moins que quelqu'un n'invoque la bénédiction divine. Ce pourrait bien être là une croyance tardive destinée à justifier l'invocation. L'idée de l'éternuement-exorcisme a dû être la règle.
 
L'opinion qui voit dans le bâillement un signe de l'entrée du diable et dans l'éternuement un signe de sa sortie est encore très fréquente dans l'Islam. Assas-bou-Malek, El Barâ, Abou-Horeira, Solaïman-El-Tïmi font tous remonter cette opinion au Prophète [LXV à LXVIII]. (le bâillement et l'Islam)
 
L'importance attachée à l'éternuement a donc été un fait absolument général et l'on peut dire qu'il n'y a pas de peuple qui ne l'ait considéré comme un moment critique, souvent comme le signal de l'apparition ou de la disparition d'un danger. De là les salutations que l'on prodigue alors, les souhaits de vie ou les félicitations. Nous pourrions considérablement allonger ce chapitre en citant ici les formules employées; [...]
 
sirene
 
XX. - CRAINTE DE L'ÉTERNUEMENT (p102)
« Juste au moment où nous allions aborder au port, soudainement les hommes firent reculer le navire, disant :« Quelqu'un vient d'éternuer, nous ne pouvons pas jeter l'ancre à présent. » Ils jetèrent l'ancre cependant quelques instants après. Un éternuement les emplit de crainte ; mais, en attendant un peu de temps, ils pensent que la mauvaise influence s'éloigne. »
Après un éternuement, vous pouvez manger ou vous baigner mais vous ne pouvez pas entrer dans une maison parce que c'est considéré comme un mauvais présage.
 
Un Hindou n'hésite pas à remettre un voyage ou quelque affaire importante s'il entend quelqu'un éternuer.
 
XXI. - SIGNIFICATION DE L'ÉTERNUEMENT
Dans l'Inde, on attache une grande importance à l'éternuement ; les différentes manières dont on s'acquitte de ce besoin s'interprètent de bien des façons. Par exemple, si une femme indienne, malgré l'extrème envie qu'elle a d'éternuer, n'en peut venir à bout, elle est persuadée qu'en cet instant-là même, son mari, absent, éprouve une velléité d'infidélité non suivie d'effet.
 
XXII - BAILLEMENT
L'Hindou doit, quand il bâille, faire claquer son pouce sur ses doigts et prononcer le nom de quelque dieu, de Rama, par exemple; négliger de le faire c'est un péché aussi grave que le meurtre d'un brahmane.
 
XXIII - L'AVERTISSEMENT NASAL
Si quelque pieux hindou éternue par hasard au moment où il commence ses ablutions matinales dans le Gange, il recommence immédiatement ses prières et sa toilette. Parmi les Alforangs ou les aborigènes de l'Ile de Célèbes, dans l'archipel Indien, s'il arrive à l'un d'eux d'éternuer au moment où il quitte une réunion d'amis, il reprend de suite sa place jusqu'à ce qu'il ressente un nouveau tressaillement.
 
XXIV. - DANS L'INDE SEPTENTRIONALE DE NOS JOURS
Comme on peut s'y attendre, les Bhûts (esprits) aiment beaucoup à entrer par la bouche. C'est la raison de tous les rincements de bouche qui font partie du rituel journalier des Hindous et de la plupart des précautions compliquées qu'ils prennent lors de leurs repas.
 
XXV - DANGER DU BAILLEMENT
Il est mauvais de bâiller, car deux espèces de dangers sont à redouter : ou bien les Bhûts peuvent descendre dans votre gorge, ou bien une partie de votre âme peut s'échapper et ce sera très difficile de la rattrapper. Aussi, s'il vous arrive de bâiller, il faut mettre votre main devant votre bouche et dire ensuite : Mârâyan! «Grand Dieu!» ; ou il faut faire craquer vos doigts, ce qui effraiera le mauvais esprit.
 
p 118 LXVI. - DE CE QU'IL Y A DE FAVORABLE DANS L'ÉTERNUEMENT ET DE CE QU'IL Y A DE FACHEUX DANS LE BAILLEMENT
Abou-Horeïra rapporte que le Prophète a dit : - Dieu aime l'éternuement, mais il hait le bâillement. Lorsque quelqu'un éternue et qu'il dit - Louange à Dieu! tout Musulman qui l'a entendu, doit lui adresser un souhait. Quant au bâillement comme il provient du démon, il faut le réprimer autant qu'on le peut. Dès que quelqu'un fait ha! le démon se met à rire.

L'univers, en mythologie indoue, s'est produit par le bâillement de l'Adi-Purusha, un être éternel. Il l'a senti nécessaire pour surveiller l'univers. Ainsi, il a créé seigneur Vishnu et seigneur Shiva...

La médecine pratique Le Camus A 1769 : le bâillement au temps de la peste
 
cehruel
Dictionnaire des institutions, moeurs et coutumes de la France. Cheruel A. Paris Hachette 1865
arabe
 
 
Hadith - Bukhari Narrated Abu Huraira
 
The Prophet said, "Yawning is from Satan and if anyone of you yawns, he should check his yawning as much as possible, for if anyone of you (during the act of yawning) should say: 'Ha', Satan will laugh at him."
 
Hadith - Bukhari Narrated Abu Huraira
 
The Prophet said, "Allah likes sneezing and dislikes yawning, so if someone sneezes and then praises Allah, then it is obligatory on every Muslim who heard him, to say: May Allah be merciful to you (Yar-hamuka-l-lah). But as regards yawning, it is from Satan, so one must try one's best to stop it, if one says 'Ha' when yawning, Satan will laugh at him."
 
Hadith - Muslim, Narrated AbuSa'id al-Khudri
 
Allah's Apostle said: When one of you yawns, he should try to restrain it with the help of his hand since it is the Satan that enters therein.
 
Hadith - Mishkat, Narrated AbuHurayrah , transmitted by Tirmidhi and Ibn Majah.
 
Allah's Messenger said, Yawning in prayer is an act of Shaytan, so when one of you yawns he should restrain it as much as possible. In another version it the word are: He should place his hand upon his mouth.
 
Hadith - Mishkat, Narrated by Grandfather of Adi ibn Thabit, Transmitted by Tirmidhi
 
Allah's Messenger said: Sneezing, drowsing, yawning in prayer, also menstruation, vomiting and nose-bleeding are from (the acts of) Shaytaan (Satan).
 
diable
oscitatio

L'Islam voit dans le bâillement un signe de l'entrée du diable et dans l'éternuement un signe de sa sortie.
 
"Le Prophète a dit que Satan s'efforce de divertir le fidèle en prière. C'est une épreuve qu'Allah veut bien infliger aux croyants. L'un des moyens employés par Satan pour divertir le fidèle consiste à dominer ses pensées, à l'intriguer dans sa prière. Un autre moyen consiste à le faire bâiller de sorte à le détourner de sa prière. Le Prophète nous a informé que le bâillement est provoqué par Satan et nous a donné l'ordre de l'éviter tant que faire se peut. Quand il s'impose à nous, nous devons fermer notre bouche avec notre main."
 
'En Inde, les Bhûts (esprits) sont censés aimer entrer par la bouche. Il est alors dangereux de bâiller, car deux espèces de risques sont à redouter: ou bien les Bhûts vont pénétrer le corps au travers de la gorge, ou, au contraire, une partie de l'âme pourrait s'en échapper. Dans ce cas, il serait très difficile de la rattraper; c'est pourquoi il est recommandé de placer sa main devant sa bouche et dire ensuite: Mârâyan! «Grand Dieu!» ; ou faire craquer ses doigts, ce qui effraierait le mauvais esprit.
 
En Europe, vers 590, du temps du pape Grégoire le Grand, une épidémie d'une peste maligne décima la population engendrant de nombreuses superstitions: "il était mortel de bâiller dans le tems de cette peste, & que c'est de là qu'est venue l'habitude de faire sur la bouche le signe de la croix quand on bâille". "Il régna une peste qu'il appelle inguinale, parce qu'il s'élevoit un bubon dans les aines qui faisoit à tout à coup mourir les hommes dans les rues, dans leurs maisons, au jeu, à table; ils rendaient l'âme en éternuant, ou en bâillant; c'est pourquoi l'on disoit Dieu vous garde, à ceux qui éternoient. Ceux qui bâillaient faisoient le signe de croix sur leur bouche" (Le Camus, 1769).
 
yawn imam
La médecine pratique Le Camus A 1769
La peste. Etude sur les maladies éteintes et les nouvelles maladies. Anglada Ch. 1869
La civilité puérile Erasme D vers 1500
 
« En 591, il y eut une grande mortalité dans tous les pays, au point que les hommes tombaient dans les rues, dans les auberges, dans les sociétés et étaient trépassés. Et quand une personne éternuait, son âme s'envolait. De là vient le mot: Dieu vous aide! Et quand une personne bâillait, elle mourait. De là vient que quand on bâille, on fait le signe de la croix devant la bouche. » [Ch. Boersch, Essai sur la mortalité à Strasbourg, Thèse p79. Strasbourg; Silbermann G. Editeur; 1836; 201 p]
pandiclator

Kayrawani
Risala ou Traité abrégé de droit malékite et morale musulmane Kayrawani (Ibn Abou Zeyd)
traduction avec commentaires par Edmond Fagnan (1846-1931)
P. Geuthner (Paris) 1914 294p