En neurologie, le bâillement peut
être noté de façon
anormalement plus fréquente dans un
nombre élevé de pathologies sans
être jamais constant.
Toutes les atteintes du tronc
cérébral peuvent être
causes de troubles de la vigilance
associés à des bâillements
répétés. Les atteintes
corticales et sous-corticales en favorisent
aussi. Le bâillement persiste en cas de
coma
végétatif. Sans
négliger le chapitre
mésestimé des bâillements
iatrogènes
L'hypertension intracrânienne
avec somnolence d'installation progressive;
l'apparition de bâillements
fréquents et profonds,
révêlant une souffrance
mésodiencéphalique, est un signe
de début d'engagement, de facheux
pronostic (voir score des comas).Une tumeur
comprimant l'hypothalamus peut se
révèler par des bâillements
(ou un hémangioblatome
du IV ventricule). Des lésions
neurochirurgicales telles les thalamotomies
et des séquelles de traumatismes craniens
peuvent déclenchées des salves de
bâillements (pb de l'épilepsie
diencéphalique). (un cas de granulomatose
cérébrale)
Les infections avec encéphalite
(trypanosomiase, tabès, poliomyélite,
séquelles d'encéphalites
d'herpès ou de rougeole, encephalite
léthargique auto-immune), les
méningites (listériose ou
tuberculose). L'encéphalite spongiforme
associe des troubles caratériels et des
comportements moteurs etc...avec salves de
bâillements possibles (Lamézas)
Les causes métaboliques : coma
acidocétosique, hypoglycémie. Les
bâillements répétés
sont un prodrome des malaises
vagaux (avec paleur, sueurs etc) et
apparaissent aussi en cas d'hémorragie
abondante avec baisse tensionnelle. Les
mêmes types de symptômes peuvent
apparaitre à l'induction
anesthésique, où ils indiquent
un réveil prématuré
inapproprié.
Au cours de la maladie de Parkinson
expérimentalz chez le singe, après
traitement au MTPT les bâillements
disparaissent et reviennent après greffe
de cellules foetales nigro-striatales.
A côté des parasomnies,
l'excès de bâillements peut
accompagner le syndrome
des jambes sans repos, témoin d'une
dysfonction dopaminergique curable par la
L-Dopa. Dans les états de coma
végétatif, le bâillement
persiste: cas historique de Karen
Ann Quinlan.
En psychiatrie : dans le cadre de
comportements stéréotypés,
les bâillements
répétés peuvent appartenir
à la schizophrénie;
l'interprétation éthologique en
est un accroissement de la vigilance avec
"purification" du corps. Le bâillement
devient un langage non verbal en
psychopathologie (Yawning:
analytic and therapeutic considerations
Marcus N pdf)
Des salves de bâillements peuvent
prendre l'aspect
de tics, par salves, procurant une
brève jouissance.
En pédiatrie, des salves de
bâillements peuvent être
associées ou remplacées des formes
inhabituelles de spasmes
infantils en flexion. Les bâillements
répétés peuvent être
le témoin d'une fausse route alimentaire,
d'un corps
étranger pharyngo-trachéal
chez le petit enfant. Les bébés
sont vite fatigués par la
télévision et bâillent
après 3 mn.
L'association de bâillements
répétés, d'agitation
motrice, de défaut de fixation
intellectuel et d'apprentissage définit
le syndrome de
Weinberg « Attention
deficit hyperactivity disorder » = ADHD
.
Témoignages cliniques recueillis
auprès de l'association Tremplin, parents
d'enfants atteints d'un syndrome de Pierre
Robin: le bâillement n'apparait
qu'après 3 à 4 mois de vie,
témoin du retard de maturation du tronc
cérébral dans cette
pathologie.
Le bâillement peut être
associé au reflux
gastro-oesophagien soit comme témoin
de la gêne douloureuse de la
remontée acide; mais il se peut ,qu'en
fait, il permette une évacuation rapide
du liquide refluant. Il s'associe en effet
à une élévation rapide du
ph dans
le bas oesophage.
En 2004, M. Krantz a décrit un cas de
tamponnade
péricardique accompagnée de
bâillements incoercibles, ceux-ci
dispraissant dès le drainage
évacuateur terminé et pouvant
s'expliquer par une compression du
pneumogastrique et/ou du phrénique.
Le bâillement est un symptôme
hystérique : Charcot
cite une observation d'une malade bâillant
8 fois par minute soit 480 fois à
l'heure! (voir le texte
intégral faisant plus penser à
un tableau tumoral). Dans le livre de
Déjérine de 1914
"Sémiologie des affections du
système nerveux", le bâillement
n'est noté comme pathologique que dans
l'hystérie, cessant pendant le sommeil et
réapparaissant dès le
réveil, par salves de 30 à 60
minutes plusieurs fois par jour. (voir extrait
ci-dessous). Les
observations rapportées dans ce
dossier, comparées à celles de
Charcot et Déjérine, peuvent faire
penser qu'il a existé une confusion entre
hystérie et maladie des tics, les
troubles obsessionnels et compulsifs, et
peut-être que que
l'hystéro-épilepsie cache des
tumeurs cérébrales, en cet fin du
XIX° siècle. Nombreuses observations
de bâillements excessifs dans le texte
de la thèse de Trautmann ; voir
chapitre
historique.
Le bâillement est rarement
signalé dans la littérature
consacrée aux mouvements anormaux :
maladie de Huntington, maladie des tics ou
maladie de
Gilles de La Tourette alors que cette
association n'est pas fortuite. (voir
chapitre tics et tocs)
Enfin, il semble que le bâillement
puisse devenir un réflexe
conditionné comme les test de
renforcement par des récompenses
alimentaires l'ont montré chez des
primates non humains.
Après neurochirurgie du neurinome
de l'acoustique, des
régénérations aberrantes du
VII peuvent déclencher des occlusions
palpébrales involontaires lors des
bâillements
Lors de certains troubles psychologiques, de
type anxio-phobiques, entendre un
bâillement déclenche une grand
angoisse ou état de panique, difficile
à supporter. Cela se nomme une
misophonie. Un cas de misophonie a
été publié en Australie en
2010. Fear of
the yawning mother: a case of
misophonia.
Le
bâillement devient une
thérapeutique
Les dysfonctionnement de la Trompe
d'Eustache sont soulagés par un ou
des bâillements lors de rhinopharyngites
banales, de surdités par otites
séreuses. Mais aussi, exceptionnellement,
des bâillements peuvent faire
disparaître une
paralysie faciale péripérique
d'origine baro-traumatique (plongée,
vol aérien).